DÉCOUVRIR : 5 QUESTIONS SUR LA MEDITATION ZEN 

 

zen_lolMéditation… Imaginez…

Une femme, sur une plage, les yeux fermés et le sourire béat.

Ou encore : Un homme – Keanu Reeves dans Little Bouddha – cheveux longs, bronzage propret, pagne blanc immaculé, sous un arbre, impassible et détaché.

Soyons clairs : la méditation n’a RIEN A VOIR avec cela. Lisez plutôt…

1. Découvrir… la méditation zen, à quoi ça sert ? 

La réponse authentique est la suivante : à rien. Ou plutôt à TOUT… mais pas comme nous l’imaginons. Les maîtres spirituels, bouddhistes ou autres, se rejoignent ici dans une sévère mise en garde : la méditation n’est pas une technique de bien-être ! Vous voulez continuer de vivre comme avant et juste vous sentir mieux ? Essayez plutôt la relaxation…

PrayerCar pratiquer la méditation opèrera un bouleversement intérieur, conscient ou non.

Le point soulevé est essentiel : chercher à utiliser cette pratique pour son bien-être empêche le lâcher-prise. Le pratiquant devra donc osciller sans arrêt entre agir et le non-agir, dans un balancement doux. Vouloir s’assoir en zazen ( méditation zen) et laisser vivre ce qui se présente.

Mais atténuons un peu cette sentence…

Bien sûr, les pratiquants assidus trouvent un calme et une sérénité grâce au zazen.

Bien sûr, la méditation permet de vivre de façon plus consciente.

Bien sûr, l’instant présent se révèle au détour d’un chemin.

Mais, il y a plus : cette pratique offre la connaissance – intime – de la nature humaine. La grande Vérité : « Mes pensées ne sont pas moi ». Vouloir « me » réaliser, est inutile.

Et en ce sens, la méditation ne sert à rien et est profondément spirituelle.

 

2. Découvrir : sur quoi on médite ?

Etang près du dojo

Etang près du dojo

Sur rien ! On parle de « méditation sans objet ».

Assis dans le silence, le mouvement des pensées et les temps de pause du mental peuvent devenir apparents. C’est une expérience fascinante. Le mental pense et une observation se met en place, provenant d’une source inconnue.

Il s’agit simplement d’être attentif à l’apparition-disparition des pensées, et aux interstices entre chacune.

Cette pratique simple demande pourtant une solide volonté. Au début, le pratiquant peine parfois à simplement repérer les mouvements du mental. Celui-ci, très agité, recouvre toute la conscience. Les pensées à 10 000 tours/minutes forment un écran devant la réalité.

 

3. Découvrir : comment calmer les pensées ?

www.meditation-zen.org

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En ressentant – concrètement, physiquement – différentes activités naturelles du corps : la respiration, les sensations du corps posé sur la terre, la posture très précise enseignée pour la pratique du zazen. Ce faisant, avec patience et détermination, le méditant ré-intègre le corps et peut expérimenter la Présence instantanée.

Un détachement s’opère par rapport au ron-ron mental ; comme une prise de recul. Ressentir le corps dans son ensemble, la « pensée du corps », offre une perspective différente, beaucoup plus lente. Un peu comme d’appuyer sur le frein.

Au début, il est souvent difficile de trouver cette globalité de sensation. On assiste plutôt à une focalisation d’attention sur certains points du corps ( un peu les genoux, un peu le ventre etc…). Un jour – parfois très rapidement – une conscience plus large apparaît… qui avait toujours été là.

4. Et si ça marche pas ?

Bonne question !

Et bien – tout d’abord – on ré-essaye:-) La patience étant l’une des vertus bouddhistes par excellence, on recommence. Nous n’avons pas appris à nager en une leçon, non ?

Ensuite, il y a des petits « trucs », généreusement offerts par les maîtres des siècles derniers pour apaiser le mental ( et surtout – je le répète – découvrir une autre forme de conscience).

  • Se concentrer sur le rythme de la respiration, sans le modifier d’aucune façon. Et l’observer « de l’extérieur », comme un scientifique observerait une petite fourmis dans son milieu naturel : sur la pointe des pieds, en arrivant sans déranger, en découvrant chaque respiration avec étonnement.
  • Retrouver le contact avec la réalité : sentir un filet de lumière traverser les cils, et ce faisant retourner dans cette pièce, où vous êtes, en ce moment. En immobilisant le regard, tout cela devient encore plus profond.
  • Lâcher votre mâchoire et votre langue, pour permettre au cerveau de calmer son petit papotage incessant. Les mouvements de la langue étant liés au discours intérieur ( la « Petite voix dans la tête »), apaiser la langue permettra plus de silence intérieur.

… et, dans ce silence, la réalité de la conscience pourra se révéler.

 

5. Cette question est la vôtre ( voir en dessous du formulaire contact) : 

Utilisez le formulaire ci-dessous et – avec votre autorisation – je la publierai.

12 Août 2013, une question d’Alain :

« Je pratique depuis plus d’un mois la méditation à raison de 20 minutes par jour, si possible le matin au lever. J’ai appris à percevoir mon centre et mettre mes main à hauteur de mon Hara ! chaque que fois qu’une pensée passe et que je détourne mon attention : je souris et je me reconcentre sur la perception de mon « Centre » l’important dans cette démarche est de laisser le mental au repos pour devenir maitre et acteur de soi-même! Il est fréquent que je me retrouve dans une spirale de lumière un flux coloré m’envahi ! Qu’en pensez vous? faut -il laisser passer ce flux? est ce une manifestation du mental ?… »
 

REPONSE :

Oui, les flux lumineux sont une manifestation de la conscience. D’autres phénomènes physiques peuvent également apparaître. Laissez les passer, comme les sons, images, odeurs, sensations… Ainsi une autre forme de conscience plus vaste va s’ouvrir, naturellement, plus large que votre simple corps-esprit.

Un petit conseil encore : pour sortir des expériences « un peu spéciales », ouvrez un peu plus les yeux pour garder le contact avec la réalité. C’est à partir de la réalité, ici et maintenant, que l’instant pur apparait. BONNE PRATIQUE !

27 août 2013 : Une question de Daniel

« Je médite depuis plusieurs années, j’ai dépassé le stade ou je pensais pouvoir regarder la vie avec un troisième oeil mais par contre un léger soucis me suit, celui de l’envie de méditer. Je ne dirais pas que ce soucis apparait à chaque fois mais il est présent, je me dis, j’ai bien d’autres choses à faire mais j’ai décidé de faire de Zazen mon quotidien. Je médite deux fois par jour, je ne suis pas régulier dans mes horaires de pratique. J’aurais aimé savoir si vous connaissez se sentiment ? « 

REPONSE :

Oui je connais se sentiment et l’apprécie. Comme disait Maître Taisen Deshimaru « Etre attaché à zazen c’est bien ! « .
Vous pouvez vous laisser emporter tranquillement dans cette envie de pratiquer, et continuer ainsi… en laissant passer cette inquiétude ( un « objet mental »). Bonne pratique !

06.09.2013 : question de Daniel

« Je me pose de temps à autre une question « Qu’est-ce qui me pousse à faire Zazen » est-ce Zazen en lui même ou l’aprés Zazen, pour ma part je dirais, dans un premier temps Zazen pour ce que procure l’aprés Zazen, mais n’y a-t-il pas une forme d’attachements ? »
 

REPONSE :

Les textes anciens parlent de Bodaishin, l’esprit d’éveil. Une force qui pousse l’être humain à s’asseoir en zazen, quelque soient les conditions extérieures. Les plus anciens pratiquants évoquant une sorte de « nécessité limpide ». Même quand nous sommes fatigués, même agités… lorsque l’heure du zazen a sonné, nous allons au dojo.

Ce matin, au monastère, c’est repos… mais néanmoins, beaucoup de personnes se sont rendu au dojo, spontanément. Avec plaisir. Bonne pratique !