Petits principes bouddhistes à l’usage des vacances ( zen )

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L’été est une période propice à se donner de nouveaux défis. S’inspirant de vélocipédistes canaris, d’aucuns se lancent par exemple dans l’ascension du Mont Ventoux ou – plus fou encore – dans la lecture de Guerre et Paix (voire des deux à la fois pour les plus habiles d’entre nous).

D’autres encore s’efforcent de rentrer de vacances encore plus bronzés (ou plus minces, plus musclés, etc.) que l’année précédente. Aujourd’hui, c’est à un autre défi – spirituel celui-ci – que nous vous proposons de vous colleter, à savoir : adopter pendant les vacances deux des principes de la philosophie bouddhiste.

Des principes bouddhistes mais universels

Issus de l’une des plus anciennes spiritualités de l’humanité (2600 ans avant J.-C.), ces principes (ou « règles de vie ») ont la saveur familière des choses connues. Leur richesse abyssale est d’ailleurs commune à la plupart des textes sacrés, signe sans doute d’une fraternité inter-religieuse souterraine qui peine parfois à s’exprimer au grand jour. Ces recommandations pour la vie quotidienne apparaissent ainsi à travers les siècles dans les écrits des philosophes, des mystiques ou des simples poètes. Nous vous invitons ici en toute simplicité à en redécouvrir les parfums, à en explorer la substantifique moëlle et pourquoi pas à en semer vous-même les graines pendant ces vacances.

Un défi spirituel… et quelques mises en garde

Mais avant d’aller plus loin, voici quelques mises en garde salutaires contre les potentiels effets secondaires de ce qui s’annonce – osons le mot – comme un véritable défi spirituel. Tout d’abord : adopter ces principes bouddhistes risque de vous faire changer de vie et de dessiller vos yeux !  Peut-être pas tout de suite, mais à plus ou moins long terme. Vous risquez, pour citer les effets secondaires les moins handicapants, de vous retrouver les fesses dans l’herbe à contempler une fourmi ou le nez au vent et sans K-Way, sous un orage d’été. Alors, un conseil : si votre vie actuelle vous convient parfaitement, ne lisez surtout pas ce qui va suivre.

Secondement, ces quelques règles de vie ont l’évidence implacable de cet adage populaire ( popularisé récemment par une équipe de football dont je tairai le nom par pure compassion bouddhiste – OK… puisse que vous insistez : Allemagne-Brésil coupe du monde 2014 ) :  » Facile à dire mais pas facile à faire « . Un défi de taille, donc mais sûrement pas de taille… à vous résister ! Alors, tels des explorateurs de l’intérieur, avec la détermination des baroudeurs de l’inutile, en route pour l’incroyable aventure du quotidien.

1er principe : adopter une « Solitude lumineuse »

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Sous cette expression empruntée à Pablo Neruda, se cache le secret de la sérénité : seul, paisible, le corps offert aux nuages blancs, contempler les gouttes de rosée scintiller sur les herbes sauvages. Mais rassurez-vous, pour en arriver à ce degré de sérénité, le sage s’est longuement coltiné sa peur de la solitude. Il a dû gravir un par un les étages de la maison du bonheur. Et au premier d’entre eux l’attendait cet obstacle commun à toute l’humanité : le manque. Qu’il s’agisse du manque de l’être aimé, de richesse suffisante, du manque d’amour de soi, de vacances, d’espoir, chaque expression du manque s’est traduite par un souffle coupé et une sensation bizarre  » Là, tu sais au creux du plexus…  » Alors, pour oublier ce manque, le sage-en-devenir s’est tout d’abord lancé dans des activités aussi diverses que : grignoter des trucs au chocolat, acheter des objets inutiles, se mettre en colère contre quelqu’un, câliner son chat, chercher une nouvelle appli de méditation sur son iPhone, etc.

Puis, peu à peu, inspiré par les enseignements de sages plus anciens notre apprenti-yogi s’est résolu à s’asseoir en silence et à affronter le manque. Petit samouraï de l’existence, il a alors découvert que sa solitude était lumineuse : comme un endroit-ressource pour tranquillement aller à la rencontre de tous les démons de son existence, les laisser s’exprimer et – faut pas déconner quand même ! – les raccompagner gentiment vers la sortie ( pour savoir comment faire : rendez-vous ici ). Alors, tout doucement, dans l’athanor des jours qui murissent, sa solitude a pris de belles couleurs, pour préparer l’hiver.

2ème principe : se saouler de silence

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Si vous avez poursuivi votre lecture jusqu’ici, votre chemin spirituel a sans doute commencé. Tant mieux car notre propos va maintenant aller crescendo et vous pourrez bientôt faire profiter vos contemporains de vos nouvelles connaissances. Mais… pas tout de suite !

Car l’épreuve suivante invite à sa table les convives mutiques, libérés du carcan des mots. Avec cet exercice spirituel essentiel que vous pouvez pratiquer n’importe où : ouvrir vos esgourdes aux mystères du son. Faites le maintenant ! Et… ne cherchez rien. Tout est déjà là. Dans le silence entre les mots. Prenez conscience, là, tout de suite, des sons qui vous entourent. C’est tout. Mais un secret vous sera révélé.

Vous l’aurez compris, nul besoin pour goûter au silence d’avoir conquis de haute lutte le silence extérieur : le silence est là, au milieu des villes, quand le vacarme intérieur s’apaise. La pratique du silence est donc celle d’ici-bas, dans les conditions de vie qui sont les nôtres. Tout de suite. Elle est possible en tout endroit du globe, à toute heure de la journée et elle est gratuite. Se saouler de silence est donc possible à toute heure. Mais il y a plus : les amoureux et les mystiques sont formels : l’ivresse qui en découle est la seule qui permet la Rencontre.

 » Si tu ne me saisis pas bien
Restons taciturnes ensemble.
Que mon secret touche le tien,
Que ton silence me ressemble.
 » Jules Supervielle 1884-1960

Bonnes VACANCE(S)… 😉

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